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Manger Sain, c’est déjà résister !
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Hubert Clémentès est un égaré pas comme les autres… Il devint Techno-réfractaire vers l’âge de dix huit ans, suite à une découverte qui détruisit toutes les convictions qu’il s’était forgé en suivant l’enseignement des agents de l’éducation, qui tentaient alors de l’initier au difficile métier de cuisinier. Il était pupille de l’Europole, mais vivait dans le modeste appartement que sa grand-mère lui avait légué à sa mort. Un jour, alors qu’il cherchait désespérément une recette originale pour réussir le Concours et devenir - enfin - un cuisinier « officiel », il dénicha une petite boîte de gâteau en fer blanc, d’une marque abandonnée depuis la fin du siècle dernier… A l’intérieur, il découvrit les recettes de cuisine de sa grand-mère, qu’elle avait jalousement protégés des outrages du temps. En les parcourant, il découvrit une vérité inconnue : les tomates ne sont pas jaunes fluo, elles devraient être rouges !

Ce ne fut pas sa seule découverte, loin de là ! Une petite dizaine d’illustrations en couleurs, certes, jaunie par le temps, mais dans un état encore remarquable, lui présentaient des fruits et des légumes comme il n’en avait jamais vu. Les commentaires au sujet du goût, qui n’était pas disponible en sachet de poudre lyophilisée, lui arrachèrent des larmes. Cela l’effraya, puis, sachant que deux et deux font quatre, il en déduisit que la technologie Etrangère n’avait pas amélioré la cuisine, mais l’avait pervertie !

Abandonnant toute prétention quand à la « cuisine moderne », il prit le maquis dans l’Underground, et devint un égaré, parmi les plus virulents Techno-réfractaire que l’on puisse trouver. Après des années d’errance et de recherche acharnées, il réussit à importer - à prix d’or ! - et à planter des graines « saines ». Ses premières tomates, chétives et trop juteuses, furent accueillies par son entourage - une bande hétéroclite d’égarés, de Résistants en planque et de transitaires - avec une délectation peu commune. Il décida de créer une véritable ferme en plein air, là-haut, sur les toits de la Titanopole.

Pendant de nombreuses années, son entreprise fonctionna à merveille, la renommée de ses productions ayant fait le tour de l’Underground. Les chefs de la mafia locale (Alt-Paris) ne pouvaient désormais plus se passer de ses œufs frais pour manger des pâtes à la carbonara. Il obtint des protections inattendues par ce biais, alors que les Résistants qui le connaissaient menaient une intense propagande au sujet du « bon goût ».

Rançon de la gloire, la « ferme Clémentès », dont les produits étaient estampillés par un logo reconnaissable entre tous : une tomate rouge, devint la cible privilégiée de l’agence des ressources alimentaires. Un matin, à l’aurore, alors que Hubert s’apprêtait à traire ses vaches, la brigade mobile aéroportée intervint avec ses engins de destruction. Ces agents tuèrent tous les égarés, et détruisirent systématiquement les serres, les « champs » et les graines. Le feu recouvrit la mémoire de cette courageuse entreprise d’une chape de cendre, puis les agents des ressources alimentaires annexèrent ces vastes espaces désormais vacants, leurs activités « agricoles » souillant la mémoire des lieux…

La folie barbare et meurtrière qui détruisit la « ferme Clémentès », les cris des êtres et organismes vivants qui périrent par les flammes, contribuèrent à transformer le site en un lieu particulièrement étrange. Certains prétendent que l’on peut y croiser le fantôme d’Hubert Clémentès et de ses « fermiers », errant au milieu des nouvelles productions agricoles de la Titanopole... d’autres que la flore elle-même est fortement touchée par ce phénomène, alors que les machines agricoles de l’agence des ressources alimentaires tombent de plus en plus souvent en panne.

Ces dysfonctionnement multiples irritent plus d’un agent, car le site semble idéal pour leurs activités. Ils ne s’expliquent pas les désordres qui perturbent la production, car « les machines », disent-ils, « ne se trompent jamais. » C’est ce qui explique que la main d’œuvre agraire, composée de chimistes et de techniciens surqualifiés, soit réduite au strict minimum. Les crises de folie qui frappent les membres de cette petite équipe sont de plus en plus fréquente et inexplicable, et poussent tous les jours les directeurs à installer de plus en plus de machines inspirées de la technologie Etrangère.

Le directeur de l’exploitation, jusqu’à maintenant, s’est toujours moqué de ces problèmes. N’a-t-il pas prétendu récemment, alors qu’il toisait la Titanopole depuis les toits, le sourire aux lèvres et le cigare en coin : « Nous baisserons les bras le jour ou les tomates auront des dents ! »…

Administré, emparez-vous des toits, des espaces vides, faites pousser des plantes, perpétuez l’oeuvre d’Hubert Clementès ! La Nature vous le rendra, car l’étendue réelle de son pouvoir est trop souvent ignorée !


- Retrouvez un complément de cet article dans l’article du Fureteur "Des aliments et des hommes..."

- Retrouvez un scénario s’inspirant de cette petite présentation sur Les Arpenteurs du Monde

 

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