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par Gamemestre Le 16 février 1954
[mots-clés: La guerre des mondes , radio ]

Voici la retranscription complète de l’émission de radio diffusée le 14 février 1954, aux alentours de 20h, sur les radios inter-titanopolitaines du secteur de Bordeaux, qui provoqua une panique mémorable [1].

Deuxième présentateur : Nous allons faire un tour d’horizon de la situation telle qu’elle se déroule à la ferme Wilmuth à Médoc, dans le Nord d’Alt-Bordeaux. (Encore du piano). Nous rejoignons maintenant Carl Phillips à Médoc.

Phillips : Mesdames et Messieurs... ai-je l’antenne ?... Mesdames et Messieurs, me voici de retour, je suis derrière un mur de pierres qui est contigu au jardin de M. Wilmuth. D’ici je peux embrasser toute la scène. Je vais vous donner chaque détail, aussi longtemps que je pourrai le faire. Aussi longtemps que je pourrai voir. Des renforts de l’Agence de la paix sont arrivés. Une trentaine d’agents forment un cordon de protection autour du cratère. Il n’est plus nécessaire de repousser la foule à présent. Elle se tient d’elle-même à distance. L’Agent responsable discute avec quelqu’un. Je ne peux distinguer avec qui, oh si, je pense que c’est avec le professeur Pierson. Oui, c’est lui. Maintenant ils se séparent, Le professeur circonscrit l’objet, tout en l’examinant, tandis que l’agent responsable et deux autres agents l’approchent en tenant quelque chose dans leurs mains. Je peux identifier l’objet maintenant. C’est un mouchoir blanc attaché à un bâton... un drapeau blanc. Si ces créatures savent ce que ça signifie... ce que quoique ce soit veut dire !... Attendez ! Il se passe quelque chose ! (Sifflement suivi d’un ronflement d’intensité croissante). Une forme bossue s’élève du cratère. Je distingue un rayon de lumière contre un miroir. Qu’est-ce que c’est ? Un jet de flammes jaillit de ce miroir et happe les gens situés au premier rang. Il les touche à la tête ! Seigneur, ils prennent feu ! (Cris d’horreurs). Maintenant c’est la vigne toute entière qui prend feu, (Explosions). Les arbres... les granges... les réservoirs d’essence des autogyres et des voitures... tout devient la proie des flammes. Elles viennent par ici. Elles sont à environ vingt mètres... sur ma droite (Bruit de micro... puis silence radio)

Deuxième présentateur : Mesdames et Messieurs, en raison de circonstances indépendantes de notre volonté, nous sommes dans l’impossibilité de poursuivre notre émission depuis Médoc. De toute évidence nous avons des difficultés de liaison. Quoi qu’il en soit, nous retournerons sur place dès que possible. En attendant, voici une dernière information de Com-Berlin, dans l’Est de l’Europole. Le professeur Indelkoffer, s’exprimant au cours d’un dîner de la Société astronomique de l’Europole, a émis l’opinion que les explosions observées sur Mars ne sont assurément rien de plus qu’une violente éruption volcanique survenue à la surface de la planète. Nous enchaînons à présent avec notre intermède de piano. (Piano... puis interruption). Mesdames et Messieurs on me communique à l’instant un message transmis par téléphone de Médoc. Je vous prie de m’excuser. Au moins cinquante personnes, dont six militaires, ont trouvé la mort dans une vigne située à l’est du village de Médoc : les corps horriblement brûlés et déformés laissent peu d’espoir d’une identification. La voix que vous allez entendre est celle de l’agent de la paix en chef Thomas Régnauld, commandant les forces militaires europolitaines du secteur de Bordeaux.

Régnauld : J’ai été requis par l’Agence Centrale pour placer sous la loi martiale toute la région située à l’Ouest de la Garonne, jusqu’au rivage Atlantique. Il est interdit à quiconque de pénétrer dans cette zone sauf autorisation spéciale accordée par l’Agence Centrale ou les autorités de la paix. Quatre compagnies de la paix venant de Biz-Bordeaux convergent vers Médoc, et vont apporter leur concours à l’évacuation des maisons situées à l’intérieur du périmètre des opérations militaires. Merci.

Présentateur : Vous venez d’entendre l’agent en chef Thomas Régnauld, commandant des forces militaires europolitaines du secteur. Dans l’intervalle nous avons reçu d’autres détails sur la catastrophe de Médoc. Après avoir lancé leur assaut mortel, les étranges créatures ont rampé dans leur fosse et n’ont pas essayé d’empêcher les efforts des pompiers pour retrouver les corps et pour éteindre le feu. Tous les pompiers de la région de Médoc à Luçon, et même d’Arsac, sont sur le pied de guerre pour lutter contre les flammes qui menacent la campagne toute entière. Nous n’avons pas été en mesure de rétablir le contact avec notre car de régie à Médoc, mais nous espérons y parvenir dans un bref instant. En attendant, rejoignons... euh, je vous prie de m’excuser. (Longue pause). Mesdames et Messieurs, on m’indique à l’instant que nous avons pu finalement rétablir la liaison avec un témoin oculaire de la tragédie. Le professeur Pierson a été retrouvé dans une ferme à proximité de Médoc où il a établi un poste d’observation d’urgence. En tant que scientifique, il vous donnera sa propre explication de la catastrophe. La voix que vous allez entendre est celle du professeur Pierson, reliée à nous par une ligne directe. Professeur Pierson.

Pierson : Je ne puis vous donner aucune information scientifique sur les créatures du cylindre de Médoc... pas plus sur leur nature, leur origine, que sur leurs intentions ici sur terre. Je pourrais tout juste risquer quelques explications conjecturales concernant leurs instruments destructeurs. À défaut d’un terme meilleur, je dirais que leur arme mystérieuse est une sorte de rayon thermique. Il est incontestable que ces créatures ont un savoir scientifique très en avance sur le nôtre. J’incline à penser qu’ils sont capables de produire une intense chaleur dans une chambre de non-conductivité pratiquement absolue. Cette chaleur intense, ils la projettent dans un rayon parallèle, contre tout objet qu’ils veulent viser, au moyen d’un miroir parabolique d’une composition inconnue, à peu près comme le miroir parabolique d’un phare projette un rayon de lumière. C’est l’hypothèse que je fais sur l’origine de ce rayonnement thermique

Deuxième présentateur : Merci, professeur Pierson. Mesdames et Messieurs, voici un bulletin en provenance de Biz-Bordeaux. C’est un bref communiqué nous informant que le corps carbonisé de Carl Phillips a été identifié dans un hôpital de ce bloc. Mais voici un autre bulletin d’information émanant d’Alt-Paris. Le bureau du directeur de l’Agence de la Pharmachimie rapporte que dix unités de sauveteurs ont été placées sous le commandement de l’Agence de la paix stationnée à l’extérieur de Médoc, secteur de Bordeaux. Voici à présent un bulletin de l’Agence de la paix locale, jonction de Biz-Bordeaux : les incendies qui se sont déclarés à Médoc et dans les environs sont maintenant maîtrisés. Les éclaireurs signalent que tout est calme à présent dans le cratère et qu’aucun signe de vie n’apparaît depuis l’ouverture du cylindre... A présent, Mesdames et Messieurs, nous allons vous faire entendre une déclaration spéciale de M. Henry Millaut, vice-directeur responsable des opérations.

Millaut : Nous avons reçu une demande de l’Agence de la paix de Biz-Bordeaux de mettre à son entière disposition tous les moyens de radio-transmission. Eu égard à la gravité de la situation, et étant donné que la radio a, en toutes circonstances, le devoir de servir l’intérêt des administrés, nous mettons nos moyens à la disposition de l’Agence locale de Biz-Bordeaux.

Présentateur : Nous joignons maintenant le quartier général de l’Agence de la paix lcoale à proximité de Médoc dans le secteur de Bordeaux.

Lansing : Ici l’agent Lansing du bureau des transmissions attaché à la milice de la paix actuellement engagée dans les opérations militaires dans les environs de Médoc. La situation résultant de la présence signalée de certains individus de nature non identifiée est maintenant entièrement sous notre contrôle. L’objet cylindrique qui repose dans un fossé situé directement sous notre position est ceinturé par huit bataillons d’infanterie, sans lourdes pièces, mais armés de façon adéquate de fusils et de mitrailleuses. Toute cause d’alerte, si tant est qu’il y en ai une, est maintenant parfaitement injustifiée. Ces choses, quoi qu’elles puissent être, ne se hasardent pas à sortir la tête hors de la fosse. J’aperçois leur cachette grâce à la lumière des projecteurs. Avec toutes leurs ressources présumées, ces créatures ne peuvent guère se dresser contre une lourde artillerie. De toutes façon, c’est une sortie intéressante pour les troupes. Je peux dénombrer leur uniformes kakis, traversant de long en large en face des projecteurs. Cela ressemble presque à une vraie guerre. Il semble qu’il y ait une légère fumée dans les bois bordant la Garonne. Certainement un feu de campeurs. Eh bien, nous devrions avoir de l’action rapidement. Une des compagnies se déploie sur le flanc gauche. Une rapide attaque et tout sera fini. Attendez ! Je vois quelque chose sur le toit du cylindre. Non, ce n’est rien qu’une ombre. Maintenant les troupes sont aux abords de la ferme Wilmuth. Sept-cents hommes armés se rapprochent du vieux tube de métal. Attendez, ce n’était pas une ombre ! C’est quelque chose qui bouge... un métal rigide... une sorte de bouclier apparaît au dehors du cylindre... cela va de plus en plus haut. Quoi, il se tient sur des jambes... en fait il se dresse sur une espèce d’ossature métallique. Maintenant cela dépasse les arbres et les projecteurs sont braqués sur lui ! Attendez un instant !

Deuxième présentateur : Mesdames et Messieurs, j’ai une déclaration à vous faire. Aussi incroyable que cela puisse paraître, aussi bien ce que nous avons vu de nos propres yeux que les observations de la science, nous conduisent à l’inévitable hypothèse que ces créatures mystérieuses qui ont atterri cette nuit dans le secteur de Bordeaux constituent l’avant-garde d’une armée d’envahisseurs venant de la planète Mars. La bataille qui a eu lieu ce soir à Médoc s’est soldée par la plus cinglante défaite jamais subie par aucune armée moderne ; sur les sept cents hommes armés de fusils et de mitrailleuses qui étaient opposés à un simple appareil de combat des envahisseurs de Mars, on ne dénombre que cent vingt survivants. Le reste est éparpillé sur le champ de bataille, de Médoc à Saint-Medard-en-Jalles, mortellement aplati et piétiné par les pieds de métal du monstre, ou réduit en cendres par ses rayons thermiques. Le monstre contrôle maintenant la section moyenne du secteur de Bordeaux et a pratiquement coupé en deux le secteur par son centre. Les lignes de communication sont rompues entre ce secteur et tous les secteurs voisins. Les voies ferrées sont détruites et le service entre Alt-Bordeaux et Biz-Saintes est interrompu à l’exception de certains trains qui circulent encore entre Angoulème et l’Est du secteur bordelais, qui se situe par-delà la Garonne. Les autoroutes du nord, du sud et de l’ouest sont bouchées en raison de l’exceptionnelle circulation. Les agents de la paix de réserve sont incapables de maîtriser cette fuite insensée. A ce rythme, on peut penser qu’au matin les fugitifs auront multiplié par deux la population des secteurs d’Angoulème, Nantes et Agen. A l’heure qu’il est, la loi martiale prévaut sur toute la région située à l’Ouest de la Garonne, jusqu’au rivage atlantique. Nous rejoignons maintenant la base Eiffel, à Alt-Paris pour un communiqué spécial de l’Agence des Etrangers... le Directeur Général...

Le Directeur Général de l’Agence des Etrangers : Administrés de l’Europole : je ne tenterai pas de dissimuler la gravité de la situation dans laquelle se trouve la Titanopole. L’Agence Centrale met tout en œuvre pour assurer la protection de vos vies et de vos biens. Cependant, qui que vous soyez, simples administrés ou directeurs, j’aimerais vous convaincre de l’urgente nécessité d’une action calme et concertée. Heureusement, cet ennemi redoutable est toujours confiné dans une région relativement restreinte, et nous pouvons placer notre foi dans les forces militaires pour l’y maintenir. Il nous faut faire confiance à notre technologie, et persévérer de telle sorte que nous présentions à l’ennemi une titanopole unie, courageuse, toute entière consacrée à la préservation de la suprématie de l’homme sur la terre. Je vous remercie.

Présentateur : Vous venez d’entendre le Directeur Général de l’Agence des Etrangers qui prenait la parole depuis la base Eiffel, Alt-Paris. D’autres bulletins, trop nombreux pour être lus, s’amoncellent ici dans le studio. On nous informe que la partie centrale du secteur bordelais est privée de communication radio par suite des effets des rayons thermiques sur les lignes de puissance et les équipements électriques. Ceci est un bulletin spécial de Alt-Bordeaux. Les câbles en provenance de toute l’Europole nous proposent l’assistance des organisations scientifiques. Les astronomes indiquent que les éruptions de gaz continuent à intervalles réguliers sur la planète Mars. La plupart font l’hypothèse que l’ennemi sera bientôt renforcé par d’autres fusées. Renouvelons tentative de retrouver le professeur Pierson, qui a observé de près les Martiens. Il est à craindre qu’il ne se soit perdu dans la récente bataille... Mont-de-Marsan, au Sud du secteur bordelais : des avions de reconnaissance rapportent avoir vu trois machines de Martiens au dessus des sommets des arbres, se déplaçant au nord-est en direction de Roquefort, la population s’enfuyant à leur approche. Rayon thermique hors d’usage ; quoique avançant à la vitesse d’un train express, les envahisseurs se déplacent précautionneusement. Ils semblent éviter sciemment la destruction des villes et de la campagne. Cependant ils s’arrêtent pour arracher les lignes électriques, les ponts, les voies ferrées. Manifestement, leur objectif est de vaincre toute résistance, de paralyser les communications, et de désorganiser la société humaine. Voici un bulletin de San Sebastian, sur la côte atlantique : des chasseurs sont tombés sur un deuxième cylindre similaire au premier embourbé dans un immense marais à 32 km au sud de San Sebastian. Les pièces lourdes l’Agence de la paix convergent de Bayonne, Dax et Orthez pour anéantir la deuxième unité des envahisseurs avant que le cylindre puisse être ouvert et que l’appareil de combat n’entre en fonction. Elles prennent position dans les contreforts des Pyrénées. Un autre bulletin de Mont-de-Marsan : des avions de reconnaissance signalent que des machines ennemies, maintenant au nombre de trois, gagnent le nord à grande vitesse, renversant arbres et maisons, dans le but évident de rejoindre leurs alliés au sud du secteur de Bordeaux. Machines également signalées par un opérateur du téléphone à l’est de Saint-Emilion, à moins de 16 km de Biz-Bordeaux. Voici un bulletin de Saintes, au nord de la Garonne : un escadron de bombardiers de l’Agence de la paix transportant des charges explosives vole vers le nord à la poursuite de l’ennemi. Il est précédé par des avions de reconnaissance qui ne perdent pas l’ennemi de vue. Je vous prie de m’excuser. Mesdames et Messieurs, nous venons d’établir une liaison spéciale avec la ligne d’artillerie située dans les villages avoisinant la zone de progression de l’ennemi. Je vous propose de rejoindre tout d’abord la batterie de la 22e artillerie de campagne dans les Pyrénées.

Un officier : Portée, trente-deux mètres.

L’artilleur : Trente deux mètres.

L’officier : Lancement, trente-neuf degrés.

L’artilleur : Trente-neuf degrés

L’officier : Feu (explosion d’artillerie... pause).

L’observateur : Cent vingt-sept à droite.

L’officier : Changement de portée... trente et un mètres.

L’artilleur : Trente et un mètres.

L’officier : Feu (explosion d’artillerie... pause)

L’observateur : Touché ! Nous avons eu le trépied de l’un d’entre eux. Ils se sont arrêtés. Les autres essayent de le réparer.

L’officier : Dépêchez-vous, réglez le tir ! Changement trente mètres.

L’artilleur : Trente mètres.

L’officier : Lancement... vingt-sept degrés.

L’artilleur : Vingt-sept degrés.

L’officier : Feu (explosion d’artillerie... pause)

L’observateur : Je ne vois pas le point d’impact. Ils laissent échapper de la fumée.

L’officier : Qu’est-ce que c’est ?

L’observateur : Une fumée noire. Venant dans cette direction. S’étendant à ras du sol. Elle se propage rapidement.

L’officier : Mettez les masques à gaz. (Pause) Soyez prêt à faire feu. Passez à trente-quatre mètres.

L’artilleur : Trente-quatre.

L’officier : Feu (Explosion)

L’observateur : Je ne vois toujours rien. La fumée s’approche.

L’officier : Prenez position. (Toussotements)

L’observateur : Vingt-trois mètres, (Toussotements)

L’officier : Vingt-trois mètres. (Toussotements)

L’artilleur : Vingt-trois mètres. (Toussotements)

L’observateur : Lancement trente-deux degrés. (Toussant)

L’officier : Trente-deux degrés. (Toussant plus bas) (Apparaissant... son de moteur d’avion)

Le lieutenant : Avion bombardier V-8-43, de Bayonne, lieutenant Julien Voght, commandant huit bombardiers. Message au commandant Estevez, San Sebastian... Ici Julien Voght, message au commandant Estevez, San Sebastian... Machines ennemies à trois pieds maintenant en vue. Renforcées par trois machines du cylindre de Hendaye... Six au total. Une machine estropiée partiellement. Probablement touchée par l’artillerie dans les Pyrénées. Les fusils se sont tus. Un brouillard d’encre se répand sur la terre... D’une extrême densité, et de nature inconnue. Aucun rayon thermique signalé. L’ennemi bifurque vers l’est, traversant les cours d’eau. Une autre enjambe la route aérienne de Bayonne-San Sebastian. Manifestement leur objectif est d’atteindre le secteur de Bordeaux. Ils détruisent une station de haute-tension. Les machines sont proches les unes des autres maintenant, et nous sommes prêts à attaquer. Les avions tournant en rond sont prêts à foncer. Plus que mille mètres et nous serons sur la première - huit cents mètres... six cents... quatre cent... deux cents... Les voilà ! Le bras géant tendu... Un éclair vert ! Ils nous arrosent de flammes ! Deux cents pieds. Les commandes ne répondent plus. Plus moyen de lâcher les bombes. Plus qu’une chose à faire... piquer sur eux, corps et biens. Nous piquons sur la première. Ça y est la machine est lancée ! Huit...

Opérateur un : Ici Bayonne. appelle San Sebastian... Ici Bayonne. appelle San Sebastian... Répondez, s’il vous plait... Répondez, s’il vous plaît...

Opérateur deux : Ici San Sebastian... Je vous écoute...

Opérateur un : Huit bombardiers de l’Agence de la paix sont aux prises avec les machines tripodes ennemies au dessus de la plaine Saint-Jean-de-Luz. Tous écrasés. Une machine ennemie détruite. L’ennemi maintenant projette une épaisse fumée noire en direction de...

Opérateur trois : Ici San Sebastian... Ici San Sebastian... Attention ! Une fumée noire empoisonnée se propage depuis les marais au nord du bloc... Regagnez la route du sud. Les masques à gaz sont inefficaces. Enjoignez la population de gagner les espaces libres... Les voitures d’emprunter les routes 7, 23, 24... Evitez les zones encombrées. La fumée gagne maintenant le boulevard Raymond...

Opérateur quatre : 2X2L... appelle CQ... 2X2L... appelle CQ... 2X2L... appelle 8X3R... Répondez , s’il vous plaît...

Opérateur cinq : Ici 8X3R... répondant à 2X2L.

Opérateur quatre : Me recevez-vous ? Me recevez-vous ? Répondez, s’il vous plait. Où êtes-vous, 8X3R. Qu’est ce qui se passe ? Où êtes-vous ? (Les cloches sonnant sur la ville s’estompent progressivement).

Présentateur : Je vous parle depuis le toit de la radio du bloc d’Alt-Bordeaux. Les cloches que vous entendez sonnent pour inciter la population à évacuer les blocs avoisinants à l’approche des Martiens. On estime que durant les dernières heures trois millions de personnes se sont enfuies par la route en direction du nord, la route touristique de la Garonne reste ouverte à la circulation. Evitez d’emprunter les ponts... complètement bloqués. Toutes les communications avec la côte atlantique au sud de Come-Bordeaux sont interrompues depuis dix minutes. Plus de défense. Notre agence de la paix locale est anéantie... C’est sans doute la dernière émission de radio. Nous resterons ici jusqu’à la fin... Les gens assistent à un office en dessous de nous... dans la cathédrale anci-chrétienne (Voix entonnant un hymne) J’aperçois en bas le port. Toutes sortes de bateaux surchargés de personnes en fuite s’éloignent des quais. (sirènes de bateaux). Les rues sont bondées. La ville est aussi bruyante qu’un premier de l’an. Attendez un instant... L’ennemi est maintenant en vue au dessus des toits. Cinq machines énormes. La première traverse le fleuve. Je la vois d’ici, franchissant la Garonne comme un homme enjambe un ruisseau... Un bulletin me parvient... Des cylindres Martiens pleuvent sur toute l’Europole. Un à l’extérieur du secteur nantais, un dans Alt-Paris, Biz-Lyon... Tout cela semble orchestré... Maintenant la première machine atteint la côte. Elle s’immobilise, semblant considérer la ville. Une cuirasse coiffe sa tête qui est au niveau des gratte-ciel. Elle attend les autres... Elles se dressent comme de nouvelles tours sur le côté ouest de la ville... Elles étendent, maintenant, leurs mains de métal. C’est la fin maintenant. De la fumée s’en échappe... Une fumée noire se répand sur toute la ville. Les gens dans la rue l’aperçoivent maintenant. Ils se précipitent vers la Garonne... des milliers d’entre eux, ils tombent comme des rats. Maintenant la fumée se répand plus vite. Elle atteint le centre. Les gens essayent de s’échapper, mais ça ne sert à rien. Ils tombent comme des mouches. Maintenant la fumée traverse l’artère principale... elle est à cent mètres... à cinquante mètres... Si ce sont les Etrangers, nous sommes perdus. Si ce ne sont pas eux, que font-ils pour nous sauver ?…

Opérateur quatre : 2X2L appelle CQ... 2X2L appelle CQ... 2X2L appelle CQ... Alt-Bordeaux. Y a-t-il quelqu’un à l’écoute ? Y a-t-il quelqu’un... 2X2L

[1] Cette transcription est une grossière adaptation (seuls les noms de lieux et de certaines personnes ont été modifiés) à l’univers de RétroFutur du sketch original qu’Orson Welles lu à ses auditeurs le 30 octobre 1938. La traduction française de ce texte phare de l’histoire des médias est disponible sans retouches sur le site de la radio québecquoise "Macadam Tribus".



- Consultez la 1ere partie de cet article.
- Consultez la 2eme partie de cet article.
- Consultez l’article relatant les conséquences de la diffusion de ce sketch radiophonique.
RECLAMES!
Radio
Exprimez -vous !!
par jackLite Le 11 novembre 1952
[mots-clés: chrysalide ]
Il n’y a qu’un pas entre un désir d’expression et sa concrétisation alors qu’attendez vous !!

Vous connaissez tous cette émission matinale de Alt-Paris Ondes Courtes (1453 Khz), qui égaye chaque matin tous les foyers de PARENGAM... Savez-vous que vous pouvez y participer ?

Vous avez toujours rêvé de vous exprimer face au plus grand nombre ? Vous avez l’âme d’un présentateur public ? Vous voulez devenir célèbre et être écouté par des millions d’administrés ?

Alors prenez les micros de Alt-Paris Ondes Courtes et faites vous entendre !!

Envoyez vite vos numéros de dossier et une lettre de motivation au Bureau d’Alt-Paris de l’Agence du Bien-Etre !!!


Ceci est un communiqué de l’Agence du Bien-Etre d’Alt-paris. Une formation temporaire au sein de l’Agence de Réhabilitation Mentale est requise.
Les bras m’en tombent !!
par jackLite Le 30 janvier 1953
[mots-clés: agBienEtre ]

Vous avez toujours été un bon administré, zélé et loyal ? Hélas, un service assez long au Front et comble de malchance, une balle perdue... Quelle perte de se voir amputer d’une partie de soi !!

Que donneriez-vous pour retrouver toutes vos sensations ? Le plaisir de saisir dans ses bras l’enfant aimé ou de marcher l’esprit serein et sentir l’asphalte sous la plante de ses pieds...

Tout ??

Alors venez nous rendre visite à la clinique "Agrippa", rue Felix Filze, ALT-PARIS.

Nous vous reconstruirons, et vous redeviendrez cet homme oublié de vos sens et de votre famille.

Agence du Bien-être

"Nous faisons le travail et vous en profitez !!"


Franchise "Bon Pied Bon Œil"
par Gamemestre , L01c Le 2 janvier 1953
[mots-clés: franchise ]


 

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